François, Pierre, Paul et Jean Picard ont exercé le métier de tisserand de 1804 à 1960, à Villy en Auxois (Cote d’Or).
A quelques mètres de la maison familiale, un petit bâtiment, "l'atelier", est resté "dans son jus". Il est composé de trois pièces côte à côte.
- Dans la première, le métier à tisser à bras de mon grand-père est encore là, enchâssé dans les murs, avec tous ses outils, tel qu’il l’a laissé le dernier jour de travail (1950).
- Dans la deuxième, est toujours installé le métier mécanique sur lequel mon père a produit une toile « métis » (lin – coton) de 1950 à 1960.
- Dans la troisième, la "cuverie" a été utilisée par mon grand-père pour fabriquer son vin.
Le bâtiment et son contenu n’ont pas évolué depuis 60 ans.
Quel peut être, doit être, le devenir de ce patrimoine artisanal, installé où il a produit des toiles à usage domestique pendant 150 ans, et dans l’état où il a été laissé le dernier jour de son utilisation ?
Pour les journées du patrimoine en septembre 2021, avec mon père nous avons ouvert à la visite ce lieu avec l’accompagnement de l’association E.V.A (Essor des vallées de l’Auxois). Après une présentation du métier de tisserand par mon père, Jean, j’ai proposé un retour au néolithique, pour montrer les principes du tissage, bien visibles sur les deux métiers à tisser présentés ici, et toujours en œuvre dans les unités de tissage contemporaines.
En 2022, toujours dans le même contexte, j’ai à nouveau présenté les métiers à tisser familiaux, après la visite d’ancien « nasoirs » ou rouissoirs utilisés pour le chanvre.
Plus récemment, j’ai aménagé la « cuverie » pour en faire un lieu d’accueil de 12 personnes et ainsi répondu à la demande de l’office du tourisme de Terre d’Auxois.
Sur la période, c’est environ 140 personnes qui ont apprécié cet ensemble, ainsi que la mise en contexte proposée.
La valorisation de cet ensemble est donc réalisable sur site. C’est un aspect encourageant du projet. Communication et partenariat devrait la renforcer. Je m’y emploie.
Il reste un sujet majeur : la préservation de cet ensemble dans le bâtiment actuel conditionne la poursuite de la valorisation de la trace d’un siècle de tisserand en Bourgogne
Le bâtiment de petite taille, est ancien, peu entretenu. Il nécessite des travaux de réfection conséquents, qui n’est pas à la mesure de ce que peut financer la famille.
Solliciter la Fondation du Patrimoine et les mécènes ouvre un espoir.
Marie Josèphe Picard, épouse Fraichard
Fille de Jean, petite-fille de Paul et Pierre
Février 2025.